Parmi ceux qui étaient restés face à la Porte, certains firent affluer tout leur pouvoir, toute leur énergie vers le passage brumeux. Au plus profond d’eux et pensant être encore capable d’évoluer davantage, ils voulaient quitter ce monde figé pour en fonder d’autres plus à leur convenance. L’écume nuageuse se solidifia, laissant la place à une substance réfléchissante ne renvoyant pas leur image miroir. Ils se mirent à voir à sa surface des images que les autres ne percevaient pas. Se matérialisaient sous leurs sens des formes, des aspects qui n’existaient pas en ces lieux, simples émanations de leurs désirs refoulés, et cela attisa leur envie de réaliser ces choses.
Cinq d’entre eux étirèrent leur conscience vers la Porte, et ils furent aspirés par celle-ci. De l’autre côté, ils étaient encore immatériels, mais leur pouvoir était tel qu’ils pouvaient matérialiser ce qu’ils désiraient. Ils choisirent de prendre un nom et se matérialisèrent leurs désirs :
- Faerie façonna des réalités foisonnantes où presque toutes les créatures sont pensantes, et où la magie baigne toute chose.
- Synchron fonda des royaumes où la pensée et la logique règnent en maître. Une hiérarchie fut fondée sur la seule preuve de la création intelligente, et, progressivement, les races les plus créatrices prirent le pas sur les autres.
- Mennon pensa des mondes où la technologie est la plus avancée. Dans certaines de ses créations, une sorte de magie fluctua au gré des époques.
- Autarcauste sembla être l’association des désirs de Synchron et de Mennon, et ses mondes semblaient briller tel des feux d’artifices.
- D’Okotade la trace disparut…
Tel fut le destin des Créateurs Déchus, car aucun ne retrouva le chemin de l’Absolu.